“Le Mal Propre” de Michel Serres
Posté par Audrey le 14 sept 2009 dans Cultivons-Nous
Résumé :
Les tigres pissent pour délimiter leur niche. Ainsi font sangliers et chamois. Mimons-nous ces animaux ? Quiconque crache dans la soupe ou la salade s’en assure la propriété. Vous ne couchez pas dans des draps salis par un autre ; ils sont désormais à lui. Pour pouvoir recevoir ses clients, un hôtel, un restaurant, inversement, nettoient lit et serviettes. L’éthologie, science des conduites animales, comme les pratiques hospitalières - mais aussi l’histoire des religions, les techniques agricoles, même la sexologie… - montrent le rapport étrange et répulsif entre le sale et la propriété. Oui, notre propre, c’est notre sale. Poursuivant une méditation, commencée avec le Contrat Naturel, sur les risques d’aujourd’hui, ce livre dit que les pollueurs salissent le monde pour se l’approprier. Comment pollue-t-on ? Nous commençons à le comprendre. Mais pourquoi polluer ? Ce livre répond à la question.
Avis :
Un livre “simple” de philosophie, contemporain et qui touche à un sujet plus que d’actualité : la pollution. Michel Serres se donne du mal pour tenter de changer et d’ouvrir notre vision des choses et de ne plus uniquement s’attacher aux questions de physique et de médecine. La compréhension de la pollution passe aussi par la compréhension de l’être humain dans sa globalité, de son histoire, de son comportement, de sa psychologie. Plus qu’une théorie basée sur des exemples concrets, “Le Mal Propre” est un rappel que les sciences ne sont pas seulement “dures” (mathématiques, physique, chimie…) et qu’elles comprennent aussi l’éthologie, la psychanalyse, la philosophie… Ses 90 pages sont un véritable catalyseur pour l’ouverture d’esprit. Petit bémol selon moi : Serres possède un style d’écriture parfois difficile suivre car très romancé et poétique.
“Le Mal Propre” de Michel Serres
Éditions Le Pommier (5 février 2008)
91 pages.
Crédit photo : DR.











