Nouvel espoir de vaccin anti-paludisme
Posted by Audrey on jan 9, 2009 in Dans le Vif du sujet
Le laboratoire britannique GlaxoSmithKline (GSK) tente de mettre au point un prometteur candidat-vaccin contre le paludisme. En effet, ses promoteurs débuteront durant l’année 2009 la dernière phase d’essais cliniques - phase III - avant une possible mise sur le marché. D’après le New England Journal of Medicine, ce vaccin, nommé RTS,S, s’est révélé d’une efficacité significative. Cette conclusion se base sur deux études menées en Afrique.
La première, conduite en Tanzanie sur 340 enfants de moins d’un an, démontre que ce vaccin administré simultanément à d’autres vaccins (tétanos, diphtérie…) en début de vie n’en altère pas les effets et permet en sus de réduire les risques d’infection par le parasite de 65 %.
La seconde, effectuée au Kenya, sur 894 enfants de 6 à 18 mois, testait l’efficacité du vaccin en présence d’un nouvel adjuvant (ASO1E) « boostant » la réponse immunitaire. Les chercheurs ont observé une baisse de 53 % des atteintes de paludisme chez les enfants. D’après Jean-Louis Pérignon, chercheur à l’Institut Pasteur dans l’Unité de Parasitologie Médicale, « on a dépassé la barre symbolique des 50 %, ce qui signifie que le vaccin a une efficacité véritablement visible ».
Mais, selon lui, cet engouement est à pondérer car quelques problèmes se posent encore. Est-ce que la protection va perdurer ? « Pour le moment, les tests ont été suivi sur une période assez courte (huit mois), il faudra attendre encore un an pour voir une nouvelle publication nous exposer les conclusions sur ces essais ». Il ajoute : « Ces études ont été faites dans des zones de faible transmission. Quid des taux d’efficacité dans des zones à forte transmission ? ». Malgré l’efficacité prouvée du vaccin, il se cache ici un effet d’annonce. Odile Puijalon, chercheuse à l’Institut Pasteur, est plus incisive : « Les résultats sont indéniables mais on n’aura jamais un vaccin tel que le grand public l’entend. Il n’empêchera pas totalement d’avoir le paludisme sur le long terme mais sera juste un moyen d’augmenter la non-infection globale d’une population donnée ».
Restons optimiste malgré tout. Car les politiques de recherche ont changé. Jean-Louis Pérignon explique : « Depuis cinq ans, on utilise des moustiquaires imprégnées d’insecticides et des médicaments à base d’artémisinine1 en guise de prévention. On voit que dans les zones où ces protections sont mises en œuvre, les cas de paludisme sont beaucoup moins importants. » La conception actuelle est donc d’utiliser trois outils de protection : moustiquaire, médicaments et vaccin. Selon lui, il y aura bien un vaccin contre le paludisme, à condition d’accepter qu’il ne protègera pas à 100 %.
L’année 2009 marquera donc le début des essais de phase III sur 10 000 à 15 000 personnes, dans au moins six pays africains. Rappelons que le paludisme (ou malaria), causé par un parasite de type Plasmodium, touche 500 millions de personnes dans le monde chaque année, et qu’un enfant en meurt toutes les 30 secondes2.
1 Principe actif de l’armoise, réputé anti-paludique
2Source Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
Plus d’informations :
Le Paludisme : explications de l’Institut Pasteur
Crédit photo : FlickR/ParaScubaSailor (miniature).









