Wikio
Imprimer cet article Imprimer cet article

Les 10 espèces animales les plus menacées en métropole

Posté par Audrey le 3 fév 2010 dans Dans le Vif du sujet, featured

En ce début d’année de la biodiversité, la WWF a récemment publié le Top 10 des espèces animales les plus menacées dans le Monde. Loin de moi l’idée d’écrire un énième article sur ce “palmarès”, que vous trouverez ici, j’ai plutôt envie de dresser une liste qui me concerne d’un peu plus près, géographiquement parlant j’entends… L’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), en partenariat avec le Muséum National d’Histoire Naturelle, a présenté au cours de l’année 2009 une nouvelle Liste rouge des espèces animales menacées en France. Divisé en plusieurs chapitres - amphibiens/reptiles, poissons d’eau douce, mammifères, oiseaux nicheurs - ce document se révèle être actuellement l’outil le plus fiable pour évaluer les niveaux de menace d’extinction pesant sur les espèces et a aussi pour but d’aider la France à évaluer l’ampleur des mesures de conservation et de préservation à mettre en place dans les prochains mois. Différents critères d’évaluation sont pris en compte : taille de population de l’espèce, répartition géographique, taux de déclin, degré de fragmentation, permettent d’évaluer le niveau de risque d’une espèce et de la classer dans une des catégories principales suivantes : en danger critique d’extinction, en danger, vulnérable, quasi menacée, préoccupation mineure. Focus sur dix d’entre elles que vous risquez de ne plus jamais voir.

  • Le rhinolophe de Méhely

Image hébergée par servimg.com

En danger critique d’extinction (vulnérable à l’échelle mondiale), cette chauve-souris d’une trentaine de centimètres d’envergure est typique des climats méditerranéens. Présente sur une aire de répartition très réduite (Bouches-du-Rhône, Gard, Hérault et Corse du Sud), elle n’a été observée la dernière fois de façon sure qu’en 1963… L’urbanisation progressive et la fréquentation de milieux souterrains ont peu à peu raison de son existence, détruisant ses principaux habitats.

  • L’ours brun

Image hébergée par servimg.com

Mammifère lui aussi en danger critique d’extinction (préoccupation mineure à l’échelle mondiale), l’ours brun a vu sa population décliner en France durant les derniers siècles. L’exploitation des forêts ainsi que l’utilisation d’armes à feu ont accentué sa disparition progressive. On compte actuellement une quinzaine d’individus, présents dans les Pyrénées grâce à des réintroductions successives de femelles et de mâles au début des années 2000.

  • Le vison d’Europe

Image hébergée par servimg.com

Petit mammifère de moins d’un kilogramme, le vison d’Europe est en danger d’extinction (en danger à l’échelle mondiale aussi). Son aire de répartition a fortement régressé, ne s’étalant plus que sur quelques départements d’Aquitaine et du Poitou-Charente. Plusieurs raison à cela : la destruction des habitats (pollution, drainage des zones humides notamment), le piégeage (pour la fourrure ou car il est considéré comme nuisible), un degré de fragmentation élevé (les populations sont séparées), le danger issu des voitures (= roadkill).

  • Le grand hamster

Image hébergée par servimg.com

Autrefois présent en abondance en Europe, le grand hamster a été chassé, considéré comme nuisible pour les cultures céréalières dont il était friand. Actuellement en danger d’extinction (préoccupation mineure à l’échelle mondiale), il n’en reste plus que quelques populations en Alsace, protégées depuis 1993. La culture intensive de maïs (culture de printemps) semble être une cause majeure de la fragmentation de l’espèce, plus amatrice de “céréales d’hiver” (blé par exemple).

  • Le lynx boréal

Image hébergée par servimg.com

Un des plus grands félins d’Europe, le lynx boréal est en danger d’extinction en France (préoccupation mineure à l’échelle mondiale). Un faible effectif de 150 adultes se répartit en plusieurs groupes sur le territoire, la fragmentation étant importante du fait du développement des milieux urbains et des cultures. Trafic routier, ferroviaire et braconnage restent les menaces les plus importantes sur cette espèce.

  • Le vautour moine

Image hébergée par servimg.com

Rapace diurne des régions méditerranéennes, le vautour moine avait totalement disparu des contrées françaises. Réintroduit dans le Parc naturel régional des Grands Causses en 1992, il reste en danger critique d’extinction (en danger à l’échelle mondiale), l’installation des populations étant encore fragile, notamment à cause des empoisonnements et des électrocutions induites par le choc des oiseaux sur les lignes électriques.

  • La grue cendrée

Image hébergée par servimg.com

Grand oiseau pouvant atteindre 2,45 mètres d’envergure, la grue cendrée est en danger critique d’extinction (préoccupation mineure à l’échelle mondiale). Oiseau migrateur par excellence, près de 50000 grues hibernent chaque année en France. Mais seule une dizaine de couples a établi son “lieu de résidence” en métropole. L’espèce est menacée par la modification de ses différents habitats (nidification, passage) majoritairement à cause des cultures et des pesticides qui y sont associés.

  • La vipère d’Orsini

Image hébergée par servimg.com

Plus petit serpent venimeux d’Europe, la vipère d’Orsini est peu agressive comparée à la vipère aspic (la plus “commune”). On la trouve dans le sud-est de la France, dans des climats chauds et secs. Classée espèce en danger critique d’extinction (en danger à l’échelle mondiale), menacée par les constructions diverses (routes, pistes de ski) et les collections illicites, elle fait l’objet d’un plan de restauration de l’espèce.

  • La grenouille des champs

Image hébergée par servimg.com

Classé en danger critique d’extinction (préoccupation mineure à l’échelle mondiale), la grenouille des champs ne porte plus bien son nom, son habitat ayant été modifié par l’intensification des cultures et de l’utilisation de pesticides. Grenouille brune, on la trouve dans les landes, les clairières et certains bois, près des mares. Espèce nocturne, elle est gênée par la pollution lumineuse mais aussi par le roadkill, et la fragmentation de ses habitats.

  • L’esturgeon européen

Image hébergée par servimg.com

Plus grand poisson migrateur de France, l’esturgeon européen a progressivement disparu au cours du XXème siècle. Pêche intensive (à cause de sa chair et de ses célèbres œufs), destruction de ses habitats, barrages empêchant sa migration, captures accidentelles sont quelques-unes des causes de sa baisse d’effectif. Ils restent quelques milliers d’individus se reproduisant uniquement dans le bassin Gironde-Garonne-Dordogne. Classé en danger critique d’extinction (idem à l’échelle mondiale), l’esturgeon européen fait l’objet d’un programme de reproduction en captivité et de sensibilisation des pêcheurs.

Cette liste est non-exhaustive, d’autres espèces - de nombreux oiseaux notamment - sont sous une menace critique de disparition, autant en métropole que dans les DOM-TOM. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter le site internet de l’UICN, où vous trouverez leurs différentes listes rouges.

Plus d’informations…
La liste rouge des espèces menacées en France : contexte, enjeux et démarche.

Crédit photos : Wikimedia commons/F.C. Robiller — Wikimedia commons/Malene Thyssen (illustration + slide) — Wikimedia commons/Nicolai Meyer — Wikimedia commons/H. Zell — Wikimedia commons/Gérard va Drunen — Wikimedia commons/Julius Rückert — Wikimedia commons/Peter Mulligan — Wikimedia commons/Pellinger Attila — Wikimedia commons/Korall — Wikimedia commons/Zaur Abbaszade — Wikimedia commons/Enrique Dans (miniature).




Tags > , , , , , , , ,

2 commentaires

  1. Bon choix éditorial pour ton article Audrey ! Je n’ai pas grand chose à ajouter, car une telle liste est assez parlante… J’ajoute quelques liens en relation avec la biodiversité : pour commencer, la stratégie française pour la biodiversité mise en place en 2004 http://fr.wikipedia.org/wiki/Strat%C3%A9gie_nationale_pour_la_biodiversit%C3%A9_%28France%29 (donnera-t-elle satisfaction en cette année de la biodiversité?). Un article très complet de Wikipédia sur les corridors biologiques, une notion vraiment d’actualité http://fr.wikipedia.org/wiki/Corridor_biologique il ne suffit pas de faire des parcs où on “entasse” les animaux. Il faut aussi leur donner la possibilité de se déplacer d’un endroit à l’autre (surtout les animaux migrateurs) car l’urbanisation et le réseau routier ont un effet catastrophique sur les comportements animaux. Et quand on parle de la ville, autant faire la place belle à la biodiversité là aussi : http://www.certu.fr/fr/_Ville_et_environnement-n29/Nature_en_ville-n140/Des_corridors_biologiques_en_ville_:_pourquoi,_comment_-a746-s_article_theme.html

  2. L’année dernière, l’évaluation amphibie globale, un aperçu des espèces amphibies de la planète, constaté que presque un tiers (32%) des espèces amphibies connues du monde 5743 sont menacés et 129 espèces ont disparu éteints depuis 1980. Parmi les espèces disparaître est le crapaud d’or du Costa Rica (periglenes de Bufo) et la grenouille gastrique de couvée (silus de Rheobatrachus) du Queensland, Australie. Les scientifiques croient qu’il peut y avoir autour 10.000 espèces amphibies sur la planète, bien que ce nombre soit susceptible de tomber rapidement.

Laisser un commentaire